Musulman, ou Chrétien, à la manière négro-africaine

Par Dr Kiatezua Lubanzadio Luyaluka

1 Introduction

Des tristes événements qui se déroulent actuellement dans le monde négro-africain poussent chaque fils de cette terre, berceau de l’humanité, à se poser la question de savoir comment sortir l’Afrique du tourbillon des violences inter-religieuses, surtout des violences liées à la pratique de l’Islam et du Christianisme.

Dans cet article, je tente de montrer que les Négro-africains n’ont pas à s’entretuer pour ces deux religions ; car, bien compris, ces courants se rapportent à la tradition spirituelle négro-africaine, et non aux cultures matérialistes de type occidental qu’ils véhiculent actuellement. Comprendre donc l’évolution de la pensée du Moyen-Orient permet de saisir le vrai visage des religions qui s’y sont développées, et permet donc de les appréhender dans une vision qui écarte la nécessité de la confrontation de leurs adeptes en Afrique noire.

2 Nature de la religion d’Égypte et de Babylone

L’Égypte ancienne et Babylone étaient des civilisations de type solaire ; c’est-à-dire, basée sur une pensée d’épistémologie centrée sur la liberté de l’âme par rapport au corps avant la naissance, pendant cette vie, comme après la mort. Cette liberté de l’âme a comme corolaire, la continuité de la vie après la mort, ou en d’autres termes : la résurrection dans l’au-delà. Cette continuité de la vie après la mort est le thème même du Livre des morts égyptien, ce manuscrit sacré que les initiés égyptiens emportée avec eux dans la tombe.

La pensée solaire affirme que la réalité est spirituelle, et les civilisations solaires, véhiculaient aussi chacune une religion de type solaire dont les caractéristiques principales sont :

  • Le monothéisme hiérarchique
  •   L’unité du visible et de l’invisible
  • La résurrection dans l’au-delà
  • L’intercession des ancêtres-illuminés

Cette nature de la religion solaire est celle qui est aussi partagée par la plupart des nos religions traditionnelles négro-africaines, et en constitue la définition, pour une certaine école (la nigériane, voir Awolalu, « What is African Traditional Religion? » In Studies in Comparative Religion, Vol. 10, No. 2. (Spring, 1976).) Il sied de se rappeler que l’homme négro-africain évoluait dans la tradition solaire quand l’homme blanc est venu à sa rencontre ; mais aussi que l’influence de l’épistémologie matérialiste de l’Occident, l’épistémologie lunaire, n’a pas réussi à éradiquer les fondements solaires profonds de nos cultures.

2.1 Le monothéisme hiérarchique

Depuis longtemps l’idéologie religieuse occidentale nous a présenté le monothéisme comme la notion d’un Dieu unique et créateur de l’univers temporel. Dans mon article intitulé the Monotheism of ancient Egypt (à paraitre), je démontre que ce concept de monothéisme n’est conforme ni à la logique, ni en harmonie avec la notion d’un Dieu immuable et parfait que professe la théologie scolastique islamique comme la chrétienne. Cette affirmation se justifie par le fait que la création implique une l’actualisation d’un potentiel latent ; créer c’est donc changer. La création est ainsi un acte de contingence. Le créateur ne peut donc pas être immuable ; or si Dieu n’est pas immuable, Il ne peut pas être parfait, car la non-immuabilité implique l’existence des états que l’on n’a pas encore manifestés.

Échappant à ce dilemme, les civilisations solaires postulaient l’existence d’un Dieu Très-haut au dessus du Dieu créateur. La création ne concernait donc pas le Dieu Très-haut, et l’ordre céleste éternel lui préexistait. Voilà pourquoi le Livre des morts égyptien présente le Dieu créateur Ra comme « un Fils du ciel » (par rapport à l’ordre éternel incréé préexistant) et « un être auto-créé » (par rapport à l’ordre créé). L’existence de la notion du Dieu Très-haut dans la religion osirienne est attestée par Le Texte de pyramide qui le présente en ces termes : « Le Grand Un sera encensé pour le taureau de Nekhen, et l’explosion de la flamme ira vers Vous qui êtes autour de l’autel. (..) O grand Dieu dont le nom est inconnu. Un met en place pour le Seul Seigneur! » (Van Dungen, the Pyramid text, text n° 171).

L’histoire nous apprend que les Dieux de l’Égypte étaient tous nommés et avaient chacun une représentation matérielle. Mais le Dieu Très-haut n’était ni nommé, ni représenté, comme l’affirme Rawlinson dans son livre intitulé Ancient Egypt et où il précise: « A coté de la religion populaire, la croyance des masses, il y avait une autre qui prévalait parmi les prêtres et les gens éduqués. La doctrine première de cette religion ésotérique était une unité réelle essentielle de la Nature Divine. »

Il faut ici souligner que si cette notion était considérée comme éloignée des masses, c’est que les prières n’étaient jamais adressées directement au Dieu Très-haut, mais plutôt par l’intermédiaire de la litanie des Dieux inférieurs. Cette nature de la divinité du Très-haut a fait dire à beaucoup des Égyptologues que les Égyptiens étaient polythéistes, ce qui n’est pas exacte. La religion de l’ancienne Égypte était monothéiste, mais non à la manière du monothéisme occidental, qui, je le répète, n’est conforme ni à logique, ni à l’immuabilité et à la perfection de Dieu.

Le monothéisme hiérarchique de l’Égypte ancienne se voit aussi dans certains traits qui caractérisent sa culture religieuse :

  • L’inclusion des Dieux des nations conquises dans le panthéon égyptien.
  • Les différentes conceptions de la cosmogonie ne sont pas considérées comme divergentes mais complémentaires.
  • Le manque de prosélytisme.
  • L’absence de conflits liés à la pratique de la religion, hormis celui provoqué par la reforme inutile d’Akhenaton.

Or ces traits sont aussi ceux de la civilisation babylonienne, comme le prouve l’histoire de la déportation des Juifs à Babylone où il ne leur a pas été enjoint d’abandonner leurs Dieux pour embrasser les Dieux babyloniens. Ceci justifie du coup la présence les trois autres caractéristiques précitées dans la religion babylonienne. Cette similitude indique que les deux cultures baignaient dans une vision solaire du monothéisme.

L’une des caractéristiques du monothéisme hiérarchique égyptien était l’hénothéisme du concept de Dieu créateur, c’est-à-dire, plusieurs noms étaient utilisés pour désigner le même être solaire : Ra, Amon, Aton, Amon-Ra, etc. Ce hénothéisme sera à la base de l’évolution de la civilisation arabe vers le polythéisme, comme nous le verrons plus loin.

2.2 L’unité de visible et de l’invisible

La conception de l’unité du visible et de l’invisible, dans la religion solaire, se voit à l’importance que l’on y attribue aux rêves et surtout aux oracles, comme le montre la Bible tant pour l’Égypte que pour Babylone. Hérodote affirme que les oracles étaient même utilisés en Égypte pour l’acquisition des connaissances scientifiques ; il rapporte dans son livre intitulé An Account of Egypt, que les oracles étaient d’usage pour résoudre des problèmes comme celui de l’étendu de l’Égypte.

2.3 La résurrection dans l’au-delà

Comme je l’ai dit ci-haut, toute la scène décrite par le Livre des morts égyptien, montre un initié mort qui est ressuscité dans l’au-delà et qui y subit le jugement par rapport à son existence sur cette terre. Pour les civilisations solaires donc, la vie ne cesse pas avec la mort ; celle-ci n’est qu’un passage à une autre forme d’existence. La Bible dit d’Abraham, d’Ismaël et d’Isaac qu’après avoir expiré ils étaient accueilles par les leurs dans l’au-delà (Genèse 25 : 8, 17 ; 35 : 29), ce qui implique qu’ils étaient ressuscités et continuent à vivre sur des plans supérieurs. Il ne faut pas confondre cette doctrine à celle eschatologique de la résurrection aux derniers jours, c’est-à-dire à la fin de cet ordre matériel des choses.

2.4 L’intercession des ancêtres-illuminés

Comme je l’ai dit ci-haut, en Égypte le Dieu Très-haut n’était ni nommé, ni représenté, en outre, il était considéré comme éloigné des préoccupations temporelles ; ainsi toutes les images montrent toujours des Égyptiens comme faisant des offrandes, ou s’adressant en prière, au Dieu Ra, ou aux Dieux qui lui sont inférieurs. Or l’un des enseignements légués à l’Égypte par le Dieu Thot stipule que : « Les hommes sont des Dieux mortels et les Dieu sont des hommes immortels. » (Schuré, E., les Grands initiés, Perrin, Paris, 1970, p. 159). Ainsi est-il aisé de comprendre que les Dieux inférieurs à Ra ne sont que des ancêtres-illuminés.

Quand le roi Nebucadnetsar dit de Daniel qu’il avait en lui « l’esprit des Dieux-saints » (Daniel 4 : 8), on comprend aisément que sa civilisation impliquait aussi la présence d’une litanie des Dieux inférieurs au Très-haut. Et quiconque compare cette affirmation de Nebucadnetsar avec celle de l’épitre aux Hébreux (12 : 23) concernant « les esprit des justes parvenus à la perfection », comprend facilement que l’on y fait allusion aux ancêtres-illuminés.

3 La nature de la pensée de l’Occident

La Grèce est considérée comme le berceau de la pensée scientifique et philosophique de l’Occident. Cependant, il est aujourd’hui connu que les fameux maîtres de la pensée hellénique ancienne se sont abreuvés aux sources scientifiques des écoles initiatiques d’Égypte et de Babylone. Ces élèves des maîtres des civilisations solaires, à leur retour en Grèce, se sont vus obligés d’adapter l’enseignement reçu à la pensée matérialiste, donc lunaire, de la population hellénique. La victime directe de cette option était la doctrine de la liberté de l’âme, qui est la marque profonde de la pensée solaire.

Les philosophes grecs ont d’abord restreint l’âme en affirmant qu’elle n’est libre qu’avant la naissance et qu’elle est attachée au corps à la naissance (Platon). Aristote soutenait plutôt que l’âme n’est que le résultat d’un mouvement dans la matière et ne survie pas au corps. Quant aux empiricistes, ils ont carrément rejeté toute notion de l’âme. En d’autres termes la pensée occidentale scientifique a évolué vers la négation complète du concept de la préexistence et de l’existence après la mort, la résurrection dans l’au-delà.

Ce fait est illustré dans la Bible par la rencontre des Grecs avec Paul. Tant qu’il leur parlait d’un Dieu inconnu, ils écoutaient avec intérêt, désireux d’apprendre de nouvelles choses. Cependant la Bible souligne : « Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » (Actes 17 : 32).

La pensée lunaire de l’Occident est donc caractérisée par la négation de la liberté de l’âme par rapport au corps, liberté qui est la base de la pensée solaire ; c’est donc une pensée où la réalité est supposée être matérielle.

4 Évolution de la pensée sémite

Les civilisations sémitiques arabes et juives ont à leur origine des attaches avec les civilisations égyptienne et babylonienne. Elles baignaient toutes deux donc dans une pensée solaire, une pensée dont l’épistémologie est centrée sur la liberté de l’âme. A l’origine donc ces civilisations étaient dans le giron des religions solaires, des religions qui avaient toutes les caractéristiques des religions négro-africaines :

  • Le monothéisme hiérarchique
  • L’unité de visible et de l’invisible
  • La résurrection dans l’au-delà
  • L’intercession des ancêtres-illuminés

La conquête du Moyen Orient par Alexandre le Grand a fait du monde sémitique un melting-pot où se sont entrelacées les influences égyptiennes et les babyloniennes, sous la domination de la pensée hellénique conquérante.

Il est donc évident qu’à la rencontre avec la civilisation lunaire grecque, la pensée sémitique a eu maille à partir avec le matérialisme, et que son histoire était devenue celle de la résistance à des niveaux divers contre cette intrusion d’une épistémologie limitative.

4.1 Evolution de la pensée juive

A la mort d’Alexandre le Grand, son empire était divisé par ses quartes généraux, la nation juive s’est trouvée coincée entre l’influence de deux civilisations helléniques en conflit : le royaume de Ptolémée au sud et celui de Séleucos au nord. Les Juifs ce sont donc alliés à leur puissant voisin du Nord (le royaume de Séleucos), ce qui ne faisait qu’accentuer l’emprise de l’influence hellénique sur leur culture. Cette influence a amené la division parmi les Juifs : une partie, soutenant les Grecs, acceptait leur pensée au détriment de la pensée solaire de leurs ancêtres (ce sont les Saducéens qui d’ailleurs se faisaient d’abord appeler les Hellénistes.)

La vraie histoire du christianisme est donc en réalité une histoire de lutte contre l’intrusion de la pensée lunaire ; une pensée qui inculquait aux Juifs que la vie cesse avec la mort, en d’autres termes : la liberté de l’âme est un mythe. Luttant contre les thèses grecques des Saducéens, Jésus et ses disciples travaillaient à réaffirmer les thèses de la religion solaire.

J’ai dit ci-haut que l’épistémologie de la pensée solaire est basée sur la liberté de l’âme, ce qui implique la doctrine de la résurrection dans l’au-delà ou la continuité de la vie après la mort, or cette doctrine est ce que Jésus et ses disciples soutenaient en opposition aux Hellénistes. (Mathieu 22 :23-32 ; I Corinthiens 15 : 16 ; 15 : 42-44).

Notez bien que dans tous ces passages bibliques Jésus et Paul utilisent le verbe « ressusciter » au temps présent de l’indicatif, ce qui indique qu’il s’agit de la continuité de la vie après la mort et non d’une résurrection lointaine dans un futur inconnu :

  • Les morts ressuscitent,
  • Jésus fait allusion à Abraham, Isaac et Jacob comme étant ressuscités : « car pour Dieu tous sont vivants. »
  • Il est semé corruptible, il ressuscite incorruptible
  • Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité.

Le christianisme tel que Jésus et ses disciples l’enseignaient et le vivaient s’inscrivait donc dans le cadre d’une religion solaire ; il équivalait donc aux religions traditionnelles négro-africaines. Ceci implique que la vraie religion de Jésus n’est pas en contradiction avec l’essentiel de la tradition religieuse négro-africaine, et qu’il se conçoit bien dans le cadre du monothéisme hiérarchique et de l’intercession des ancêtres-illuminés.

Pour ce convaincre de cette réalité que le Chrétien d’aujourd’hui pense à l’Oraison Dominicale qui commence par : « Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Peu de Chrétiens se posent la question de savoir pourquoi cette fameuse prière s’adresse-t-elle au « Père qui es aux cieux », et non au « Père qui es au ciel ».

La Bible nous montre clairement que les cieux et la terre sont temporelles (2 Pierre 3 : 10). Le même livre souligne aussi que même les cieux des cieux ne peuvent pas contenir Dieu, le Très-haut (I Rois 8.27). Dieu, le Très-haut n’est donc pas aux cieux, mais au ciel. Mais alors qui est le « Père qui es aux cieux » ? Une chose est certaine ici : Jésus ne demande pas aux chrétiens d’adresser leurs prières directement au Dieu Très-haut, mais aux Dieux intermédiaires, aux saints, aux ancêtres illuminés.

Ceci explique la présence de Moïse et d’Elie sur la montagne de transfiguration et la prière de Jésus à Eli sur la croix (Mathieu 27 : 46): « Éli, Éli, lama sabachthani ? » Mais aussi l’interprétation juste que les gens, de la même tradition que Jésus et qui était sous la croix, ont fait de cet appel : « Il appelle Élie. » Adresser la prière aux ancêtres-illuminés était une vielle tradition chez les Juifs comme l’illustre Job 5 : 1 : « Crie maintenant ! Qui te répondra ? Auquel des saints t’adresseras-tu ? »

Cette forme de prière implique la conception hiérarchique de la divinité. Cette hiérarchie est révélée clairement par l’Epitre aux Hébreux (12 : 22, 23) comme incluant :

  • Le Dieu vivant
  • Des myriades qui forment le chœur des anges,
  • L’assemblé des premiers-nés inscrits dans les cieux
  • Le juge qui est le Dieu de tous
  • Les esprits des justes parvenus à la perfection (ceux-ci ne sont autres que des ancêtres-illuminés).

Cette hiérarchie offre un parallélisme frappant lorsqu’on la compare à la hiérarchie kôngo par exemple, telle que révélée par le sermon du prophète Simon Kimbangu à Mbanza-Nsanda :

  • Les anges du trône céleste, source de notre existence !
  • Les sept anges qui siègent à la cour de Dieu Tout Puissant !
  • Le Dieu Créateur Solaire (Mbûmba Lowa)
  • Le Dieu Gouverneur de l’humanité (Mpina Nza)
  • Les anges de la terre et de l’air !
  • Les anges qui gouvernent les eaux et le feu !
  • Le Grand Esprit Kôngo ! (L’ancêtre éponyme de la nation kôngo.)

Il sied de noter que les deux hiérarchies sont offertes dans le contexte d’intercession, la première pour montrer aux Hébreux à qui adresser les prières. Tous ces éléments montrent clairement que le christianisme tel qu’enseigné et vécu par Jésus et ses disciples s’inscrit dans le cadre d’une religion solaire, et n’est pas donc en contradiction avec les religions traditionnelles négro-africaines. L’apparente contradiction révèle donc d’une interprétation scolastique qui introduit une vision matérialiste de la religion chrétienne.

4.2 Évolution de la pensée arabe

Suite à la conquête d’Alexandre le Grand, de la religion solaire où ils baignaient tous, les Hébreux et les Arabes ont été envahis par le matérialisme grec. Ceci a fait du Moyen Orient un melting-pot où se croisaient les influences égyptiennes et babyloniennes. Si tous les deux peuples ont lutté contre l’attraction néfaste de la pensée lunaire grecque, ils ne l’ont pas fait de la même manière, ni au même degré. Les Juifs, sous la conduite de Jésus, ont tenté de se défaire totalement de l’épistémologie lunaire et de revenir à la religion solaire, mais qu’en est-il des Arabes ?

Nous savons que Babylone était en passe de devenir la capitale de l’Empire d’Alexandre le Grand, et que le monde arabe était devenu le bastion de la philosophie hellénique. D’ailleurs, c’est par les Arabes que des siècles plus tard les Occidentaux recommenceront à apprendre leurs traditions philosophiques. Le monde arabe a si bien intériorisé la pensée lunaire de la Grèce, donc l’épistémologie matérialiste, que la lune est devenu le symbole par lequel culminent les minarets.

L’incrédulité vis-à-vis des doctrines solaire engendrée par l’influence de la pensée lunaire hellénique sur la population arabe se lit au verset 49 de la sourate 17 : « Et ils disent : « Quand nous serons ossements et poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création ? » »

Nous savons que la tendance naturelle de la pensée matérialiste était la négation de l’invisible. Les Dieux grecs était tous palpables, or nous avons vu que la religion solaire impliquait dans ce monde un Dieu Très-haut qui n’est ni nommé, ni représenté. Un tel Dieu invisible, devant l’avalanche de l’incrédulité matérialiste, ne pouvait que tomber dans les oubliettes ; ainsi séparé de la notion unificatrice du Dieu Très-haut, l’hénothéisme arabe s’est-il transformé en un polythéisme : les différents noms du même Dieu créateur devenant des différentes divinités indépendantes.

Or l’histoire nous montre que le polythéisme est facteur de désordre et de régression. C’est donc à ce polythéisme que le prophète Mahomet s’est attaqué : « Suis ce qui t’est révélé de la part de ton Seigneur. Point de divinité autre que Lui. Et écarte-toi des associateurs. » (Sourate 6 : 106). Cependant, contrairement aux Chrétiens, cette reforme du grand prophète de l’Islam ne faisait pas fi de l’épistémologie lunaire.

Ainsi, si les Musulmans négro-africains sont conséquents, ils doivent se « soumettre » à Dieu sans une quelconque réserve de matérialisme, car Dieu est Esprit ; c’est-à-dire, ils non pas seulement à rejeter le polythéisme, mais aussi la domination de l’épistémologie lunaire qui est contraire à la tradition solaire originelle de la nation arabe. Ce faisant, leur « soumission » les amènera à une vision solaire de l’Islam, c’est-à-dire, à la vraie religion d’Abraham. Ainsi, comme les Chrétiens, ils verront qu’ils n’y aura plus de contradiction entre l’Islam et la quintessence de la tradition religieuse négro-africaine, ni même la nécessité d’une confrontation entre les disciples de Mahomet et ceux de Jésus en Afrique.

5 Musulman et chrétien à la manière d’Abraham

Musulman et Chrétien se réclament tous d’Abraham, mais quelle était la vraie religion de ce patriarche ? La Bible nous apprend qu’après avoir délivré Lot et les siens qui étaient faits prisonniers, Abraham au retour de la guerre paya la dîme à Melchisédek, sacrificateur du Dieu Très-haut. (Genèse 14 : 20). Il est donc normal de se demander : qui des deux personnages était de la religion de l’autre ?

Melchisédek régnait sur les Cananéens (un peuple noir, frère des Égyptiens) dans sa capitale nommée Salem, qui plus tard deviendra Jérusalem après avoir été fortifiée par les Juifs, comme l’affirme Josephus Flavius dans l’Antiquité des Juifs. En tant que roi, et dans le contexte d’une société patriarcale, Melchisédek ne pouvait être que de la même religion que son peuple, et surtout que de surcroit il était sacrificateur. On ne peut pas du tout s’imaginer un roi de Cananéens souverain sacrificateur d’un autre peuple. Et ceci d’autant plus que la Bible nous montre que des deux peuples, ce sont les Juifs qui copiaient les usages des Cananéens : leurs divinités et leur langue (l’Hébreu est la langue de Cananéens).

Abraham avait donc adopté la religion solaire des Cananéens, les peuples frères des Égyptiens, ou du moins la soutenait avec zèle. Ou, peut être, doit on considérer les choses d’une manière symbolique comme l’affirme un commentaire biblique : « Abraham « l’ami de Dieu » accepte la bénédiction d’une prêtre cananéen et accepte le Dieu de ce prêtre comme le sien. Yahvé, le Dieu de la révélation, le Dieu d’Abraham est aussi reconnut comme le Dieu Très-haut, le Dieu de l’univers, le Dieu de Melchisédek. » (The Interpreters one- volume commentary on the Bible, Nashville, 1971, p. 14.)

Dans tous les cas, c’est Abraham qui penche vers la religion du grand roi noir, Melchisédek ; c’est donc lui qui exhibe une inclinaison vers une religion d’un peuple noir, une religion similaire aux religions traditionnelles négro-africaines.

L’archéologie israélienne moderne montre que jusqu’au deuxième siècle avant Jésus ont trouve encore des statuettes des Dieux égyptiens chez les Juifs : preuve qu’ils baignaient encore dans la religion solaire en ce moment là.

Le Coran (sourate 3 : 67) dit d’Abraham qu’il est le modèle même des Musulmans : « Abraham n’était ni Juif ni Chrétien. Il était entièrement soumis à Allah (Musulman). Et il n’était point du nombre des Associateurs. » Donc la religion solaire négro-africaine, qui est la même que la religion des Cananéens, n’est pas en réalité en contradiction avec l’Islam d’Abraham.

Ainsi, je peux déduire que la contradiction n’est que le résultat d’une lutte partielle des Arabes contre l’influence négative de la pensée hellénique qui ne pouvait que déformer la vraie foi solaire d’Abraham. Alors, le Musulman négro-africain est-il prêt à entrer dans la logique d’une lutte complète contre cette influence négative ? Si non, en quoi sont Islam, sa soumission, équivaut-elle parfaitement à celle d’Abraham ?

Quant aux Chrétiens d’aujourd’hui, ils soutiennent que Jésus était sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, le roi noir du peuple noir cananéen (Hébreux 5 :6). Mais comment Jésus pouvait-il être du même ordre qu’un sacrificateur d’une religion solaire, d’une religion semblable à la religion traditionnelle négro-africaine, si lui-même n’en faisait pas partie comme Abraham ?

6 Conclusion

Musulman et Chrétiens Négro-africains doivent donc suivre Abraham, non pas dans un fanatisme aveugle éhonté qui renie et rejette notre culture traditionnelle comme étant diabolique, mais dans une lucidité scientifique qui lit dans l’histoire sémitique les trais indélébiles de la tradition solaire négro-africaine. Alors nous nous retrouverons tous unis dans notre culture spirituelle profonde : la culture traditionnelle solaire ; ainsi toute nécessité de s’entretuer pour des divergences religieuses n’aura plus de raison d’être.

 

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