L’Epître aux Hébreux et la spiritualité afrocentrique

L’Epître aux Hébreux est l’une des textes bibliques qui nous montre la manière de prier des Hébreux. C’est le livre initiatique des Hébreux par excellence. Ce livre est aussi très proche de nos traditions africaines et peut donc nous guider à réconcilier notre spiritualité traditionnelle et le christianisme. Dans toute l’Afrique, le noir, dans sa plus haute religiosité, priait Dieu par l’intercession de ses ancêtres. Il nous appartient de voir comment réconcilier cette façon de prier de nos ancêtres avec le christianisme, autrement, les religions modernes ne resteront qu’une façade qui cache des coutumes africaine qu’on chercherait peut être à détruire par ignorance ou par malveillance.

L’Africain a toujours eu une haute tradition spirituelle qu’il faut non pas rejeter, mais intégrer dans la pratique religieuse en faisant une relecture de celle-ci grâce à la Science divine. Cette relecture de nos traditions spirituelles nous permet, de décoder les rites africains, pour en saisir le sens profond et d’abandonner les rites matériels pour une approche plus spirituelle.

L’auteur des Epîtres aux Hébreux préconisait la même démarche à son peuple, il leur demandait d’abandonner une approche rituelle et matérialiste de l’adoration pour une approche totalement spirituelle, basée sur le Verbe (le Christ), la nature divine en l’homme et autour de l’homme.

Le but de la vraie religion chez les Hébreux comme chez les Africains et d’amener l’homme à être capable d’écouter les oracles de Dieu et au plus haut degré, l’amener à être capable de voir les saints face à face. L’Epîtres aux Hébreux montre aux croyants comment atteindre ce grand objectif de la religion. L’Epitre aux Hébreux nous montre la nature et l’importance de la prière d’intercession des ancêtres-saints. Il est important pour l’Africain d’aujourd’hui de travailler à retrouver deux éléments qu’il a perdus au contact avec l’occident : l’aptitude à juguler la sorcellerie et le lien avec les ancêtres-saints. De la maîtrise de ces deux éléments dépend le vrai progrès du continent noir. L’Epitre aux Hébreux ouvre la voie vers cette découverte.

Héb.  1 : 1 – 2 : Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde,

L’humanité a toujours cru que la révélation est un don particulier que seul un nombre limité des élus peut avoir, ces élus qui sont ici appelés les prophètes. Mais réalité Dieu donne la révélation à tous ceux qui s’y sont préparés. Celui qui prend conscience de la présence du Verbe en lui peut recevoir de Dieu les révélations ; Mary Baker Eddy écrit dans l’Unité du Bien : « Il est proche de ceux qui l’adorent. »[i] (Adorer veut dire contempler avec admiration et respect.) Dieu parle à toute l’humanité, mais seuls ceux qui prennent conscience du Verbe en eux et autour d’eux perçoivent sa voix. Etre à même de recevoir les oracles de Dieu est la destination du disciple chez les Africains et chez les Hébreux.

Héb. 1 : 3 : Le Fils [ce mot ici désigne Jésus] qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts,

Si Jésus n’est pas entré dans le Saint des saints, les lieux très hauts, sans se purifier d’abord, comment les chrétiens peuvent prétendre y entrer sans la purification ? Mary Baker Eddy dit dans 241-25Science et Santé avec la Clé des Ecritures : « Nous devons nous efforcer d’atteindre les hauteurs d’Horeb où Dieu Se révèle: et la Pierre angulaire de tout édification spirituelle est la pureté. Le baptême de l’Esprit, qui nettoie le corps de toutes les impuretés de la chaire, signifie que ceux qui ont le Cœur pur voient Dieu et qu’ils s’approchent de la Vie spirituelle et de sa démonstration. » [ii]

La Bible nous dit de Jésus (I Pierre 2 : 22) : « Lui qui n’a point commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude. » De quel péché alors devait-il se purifier? La réformatrice Eddy nous dit : « Jésus n’éprouva guère les plaisirs des sens physiques, mais ses souffrances furent le fruit des péchés d’autrui, non des siens. »[iii] Si Jésus avait éprouvé même un peu de croyance au plaisir dans la matière, comment est-il encore sans péché ?

Dans son interprétation de la prière du Seigneur Mary Baker Eddy dit : « Car Dieu est tout pouvoir »[iv]. Remarquez ici qu’elle utilise le verbe être et non le verbe avoir. Comme Dieu est tout pouvoir, le mal peut il avoir un pouvoir quelconque ? Le péché a-t-il un pouvoir alors que Dieu est tout pouvoir ? Le péché a-t-il le pouvoir de se cacher dans votre passé au point de devenir quelque chose d’irrémédiable ? Le péché a-t-il le pouvoir de devenir une partie intégrante de votre existence ? En réalité Dieu étant tout pouvoir, le péché n’a pas le pouvoir de devenir une réalité dans notre passé, ainsi le péché est toujours une tentation présente, un mensonge, une illusion dans le présent. Jésus le savait et il n’accordait pas de réalité à cette illusion présente d’où il était sans péché.

Vous me direz certes : mais si quelqu’un a volé une chèvre il y a cinq ans, ce péché se trouve certainement dans son passé. Je vous rétorquerais non ; le seul péché dont il a à se débarrasser est la croyance présente que ce péché lui a fait du bien, qu’il en a tiré profit et que ce péché est un pouvoir qui était capable de séparer quelqu’un d’un bien et d’en donner à un autre. S’il peut se débarrasser de cette croyance présente maintenant même, alors il est sans péché. Nous serons sans péché lorsque nous comprendrons cette grande vérité : que le péché n’est pas un fait irrémédiable dans notre passé, mais qu’il est toujours une croyance mensongère dans le présent. Le seul péché dont nous avons à nous débarrasser est la croyance présente que le péché nous a fait du bien, ou nous fait du bien, ou qu’il pourra nous faire du bien, mais aussi la croyance que le péché peut priver notre prochain du bien ou a privé notre prochain du bien. Si nous éradiquons cette croyance présente, nous serons comme Jésus sans péché.

Héb.  2 : 17 : En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple;

Notre mission comme celle de Jésus est à la foi individuelle et collective, nous faisons donc la purification nous seulement pour nous même mais aussi pour le peuple. Et dans la pratique de la thérapeutique spirituelle, nous faisons la purification non seulement pour nous même mais aussi pour notre patient. Ceci traduit la double nature du Verbe (le Christ), car Dieu est en nous et autour de nous.

Héb.  3 : 19 : Aussi voyons-nous qu’ils [Les Israélites] ne purent (..) entrer [dans la promesse] à cause de leur incrédulité.

Ils n’ont pas pu entrer non à cause de leur péché, mais à cause de leur incrédulité, de leur refus d’accepter que le Verbe est la seule vraie nature présente de l’homme ; de leur refus d’accepter qu’il n’avait qu’a se débarrasser de la croyance présente que péché leur a fait du bien, ou qu’il leur fait du bien. S’ils s’étaient débarrassé de cette seule croyance ils seraient sans péché comme Jésus et libre d’entrer dans le lieu très saint.

Ce qui nous empêche d’entrer dans le lieu très saint ce n’est pas le pouvoir du péché (puisqu’il n’y en a pas, car Dieu est tout pouvoir) mais notre refus de nous débarrasser de la croyance que le péché nous a fait du bien, ou qu’il peut nous faire du bien et cette croyance présente est le seul péché dont on doit se débarrasser.

Héb.  4 : 1 : Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard.

Mary Baker Eddy dit : « ne craignez pas le péché, de peur que par cette crainte même il ne vous maîtrise ; mais craignez seulement de péché. »[v] Craindre le péché c’est croire que le péché a un pouvoir (cela entraine aussi la croyance qu’il peut faire du bien). Celui qui craint le péché ne peut exercer la domination sur le péché. Craindre de péché, c’est veillé pour ne pas tomber dans la tentation de croire que le péché nous a fait du bien ou qu’il a le pouvoir de nous faire du bien. Craindre de pécher c’est veiller enfin d’exercer sa domination sur le péché. L’acrobate qui marche sur la corde ne craint pas la chute, mais il craint de chuter, c’est-à-dire il veille pour ne pas tomber ; tandis que celui qui ne sait pas marcher sur la corde craint la chute, il croit qu’il va tomber s’il osait. Nous somme établi au service de Dieu enfin de démontrer le néant du péché pour nous-mêmes et pour le peuple ; pour nous-mêmes et pour l’Afrique. Mais démontrer le néant du péché ne consiste pas simplement à dire : « le péché n’existe pas. » Mais à comprendre qu’il n’y a pas de plaisir dans la péché.

Héb. 6 : 11-12 : Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance, en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que voue imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses.

Les Israélites voulaient atteindre à la perfection par le sacrifice de sang des taureaux. Mais ce rite n’était qu’une étape transitoire vers le vrai sacrifice qui amène la vraie sanctification : le sacrifice de la croyance au plaisir dans le péché, par l’autorité du Verbe.

Héb. 7 : 25 : [Jésus] peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.

S’approcher de Dieu par Jésus, c’est s’approcher de Dieu par le Christ, le Verbe; en prenant conscience de la double dimension du Verbe, c’est-à-dire en prenant conscience de la présence de Dieu en nous (la dimension intérieure du Verbe) par la purification de la pensée et en prenant conscience de la présence de Dieu autour de nous (la dimension extérieure du Verbe), en d’autres termes, en prenant conscience de la sainteté divine autour de nous.

Héb.  10 : 22 : approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure.

Ici l’auteur nous rappelle une fois de plus que le chemin qui nous mène au Saint des saints c’est la purification.

Héb. 12 : 18 : Vous ne vous êtes pas approchés d’une montagne qu’on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu, ni de la nuée, ni des ténèbres, ni de la tempête.

Le but de la prière n’est pas une élévation matérielle de la pensée. Notre but dans la prière est d’atteindre la conscience de la Vérité, la conscience et la totalité de Dieu et du néant de la matière (la croyance à la limitation du bien et au mal), car c’est cette conscience-Christ qui amène la guérison.

Lorsque Jésus rendit l’âme le voile qui caché le Saint des saints s’était déchiré, symbolisant par là que la séparation entre le peuple et le Saint de saints n’a jamais existé. Les Juifs croyaient en l’existence de cette séparation, d’où seul le souverain sacrificateur entrait dans le Saint de saints ; tandis la haute spiritualité africaine enseigne que l’homme chemine avec le Saint de saints et peut l’atteindre grâce à la double dimension du Verbe.

Le Saint des saints n’a jamais été derrière un voile, mais il a toujours été sur les hauteurs spirituelles que chacun de nous peut et doit s’efforcer d’atteindre, grâce à la spiritualisation de la conscience et la négation de la croyance à la sorcellerie. Lorsque nous scrutons les traditions africaines à la lumière de cette grande révélation de l’Epître aux Hébreux, nous pouvons donc dire que les ancêtres-saints ne se trouve pas dans un cimetière où nous devons aller les chercher, mais qu’ils se trouvent dans l’eau, c’est-à-dire dans la sainteté (car l’eau est le symbole de la sainteté en Afrique).

Héb. 12 : 22-23 : Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, de l’assemblé des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection.

Ici l’auteur nous montre ce qu’est en réalité le Saint de saints. Les “justes parvenus à la perfection”, comme nous le savons tous maintenant ne sont autres que les ancêtres-saints. Ils font donc partie de l’armée céleste et sont prêts à vernir à notre secours si nous ouvrons notre pensée à leur présence. Le Verbe est non seulement le moi divin de l’homme, mais aussi la sainteté qui entoure son être et qui est symbolisée par la présence des ancêtres-saints autour de lui.

Héb. 12 : 25 : Gardez-vous de refuser d’entendre celui qui parle; car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent d’entendre celui qui publiait les oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous nous détournons de celui qui parle du haut des cieux.

Ici l’auteur de l’Epître aux Hébreux nous montre le but de notre voyage spirituel, un voyage mental accompli par la purification de la pensée. Le but de cette élévation spirituelle est donc d’être capable d’écouter les oracles de Dieu. Dieu nous parle à tous et à tout instant, grâce à la purification et à la prière d’intercession des ancêtres-saints chacun de nous hâte ce jour bienheureux où il pourra entendre la voix de Dieu à traves les ancêtres-saints et même les voir. Se trouver face à face avec les ancêtres-saints et donc le grand but de la religion tant chez les Africains que chez les Hébreux. Cette manière de prier nous aide donc non seulement à retrouver la voie de la haute spiritualité de nos ancêtres, mais aussi la voie de la vraie spiritualité enseigné et vécu par Jésus.


[i] Mary Baker Eddy, Unité du Bien, (Boston : CSPS), p. 4 :1

[ii] Mary Baker Eddy, Science et Santé avec la Clé des Ecritures, (Boston : CSPS), p. 241

[iii] Ibidem p. 38

[iv] Ibidem, p. 17

[v] May Baker Eddy, Ecrits Divers, (Boston : CSPS), p 109

One Comment on “L’Epître aux Hébreux et la spiritualité afrocentrique”


  1. Une grande richesse spirituelle relatée avec une simplicité déroutante. Salutations. Etienne


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